|
Les graisses de bacs dégraisseurs
Les graisses participent de façon importante à la charge polluante des eaux résiduaires. Aussi, toute installation de traitement doit comporter en amont un bac dégraisseur pour permettre la séparation d'une partie des matières grasses de la phase aqueuse.
La mise en centre de stockage a longtemps constitué la première solution d'élimination de ces déchets. Mais, en raison de leur capacité à être valorisés, ils ne peuvent plus être éliminés dans les installations de stockage.
La valorisation
Différents modes de valorisation sont envisageables.
La valorisation directe en agriculture, n'est pas, en raison de leurs propriétés physico-chimiques, adaptée aux corps gras.
Cependant, elle est possible lorsque les déchets ont été compostés. Le compostage des graisses s'effectue en mélange avec des supports ligneux carbonés. L'intérêt de composter des graisses réside dans leur apport en matière organique important.
La valorisation énergétique, aujourd'hui encore minoritaire, tend à s'imposer comme la voie d'élimination préférentielle au regard des quantités qu'elle est susceptible de traiter. Avant leur incinération, les déchets subissent un prétraitement (décantation, homogénéisation) dans des équipements collectifs adaptés ou directement dans les fours des entreprises productrices équipées.
Certains procédés visent avant tout la fabrication d'un biocombustible à partir de traitements physicochimiques.
Par exemple, le procédé Lipoval, développé par Ecopur, consiste en une séparation centrifuge puis d'une aéro-flottation et permet d'obtenir un concentré gras à 94 % de matière sèche.
Le procédé Veg X 200, développé par Azur Industries, est basé, quant à lui, sur une décantation à froid et à chaud suivie de plusieurs filtrations.
Le traitement biologique
Plusieurs procédés de traitement biologique des graisses, par voie aérobie ou anaérobie, ont été développés ces dernières années. Ils sont de préférence installés sur les sites des stations d'épuration, où ils permettent aux résidus graisseux de rejoindre, après traitement, les circuits d'épuration des eaux usées.
- La voie aérobie où la dégradation consiste en une hydrolyse des graisses suivie de l'oxydation des acides gras formés et de la glycolyse du glycérol (exemples : procédés Carbofil, Biolix, Biomaster@G). Ce type de traitement est plus particulièrement adapté aux graisses finement dispersées ou émulsionnées.
- La voie anaérobie où la dégradation se produit en trois phases : hydrolyse et solubilisation, action de bactéries acétogènes, méthanogénèse. Ce traitement s'applique aux effluents de concentration élevée.
Les huiles végétales
Les collecteurs d'huiles alimentaires couvrent l'ensemble du territoire national. Cependant, l'organisation de la collecte est soumise à certaines difficultés :
- la mise en place d'une collecte est, en l'absence d'obligation réglementaire spécifique, dépendante de la motivation de chaque responsable d'établissement ;
- les producteurs des déchets sont géographiquement très dispersés et les qualités des huiles inégales : la rentabilité économique n'est pas toujours assurée lorsque la société s'engage à effectuer la collecte auprès d'établissements isolés ayant des petits volumes de production ;
- les huiles se présentent sous forme généralement solide, ce qui rend difficile la standardisation et la mécanisation de la collecte. On utilise le plus souvent des fûts et que très rarement des véhicules spécifiques avec réservoir.
Actuellement, les huiles alimentaires sont valorisées en lipochimie mais la filière est de plus en plus exigeante et coûteuse, et nécessite, en plus, une traçabilité du déchet.
Les huiles peuvent également être utilisées comme biocarburants.
L'ADEME a lancé une étude dont l'objectif est de mesurer la faisabilité de la valorisation des huiles alimentaires recyclées en mélange avec du fuel ordinaire domestique dans une chaudière conventionnelle. Outre la collecte directe chez les gros producteurs, certaines déchèteries collectent les huiles alimentaires des particuliers et des petits producteurs. |
|