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Déchets organiques des ménages et des collectivités

Parmi les déchets produits par les ménages et les collectivités, on retiendra principalement trois flux de biomasse : les ordures ménagères, les déchets végétaux et les boues de stations d’épuration. Les données utilisées dans ce chapitre proviennent presque exclusivement des travaux de l’Observatoire Régional des Déchets de l'AREC.

Gisements mobilisables d'ordures ménagères résiduelles (OMR)

On appelle ordures ménagères résiduelles la fraction de déchets qui subsiste après extraction des matières valorisables collectées sélectivement, et qui est elle-même collectée au porte-à-porte.

D’après le SOeS (Service d’Observation et de Statistiques du MEEDDM), 50% des ordures ménagères entrant dans une installation de valorisation des ordures ménagères peut être considérée comme biomasse. Ce qui revient à considérer qu’environ 50% de l’énergie produite est d’origine renouvelable.

En Poitou-Charentes, l’ensemble du gisement d’ordures ménagères résiduelles est traité dans des UIOM (Usines d’Incinération d’Ordures Ménagères) ou des ISDND (Installations de Stockage pour Déchets Non Dangereux). Ainsi, environ 125 000 tonnes d’OMR sont incinérées dans des unités avec valorisation énergétique, et 245 000 tonnes sont stockées dans des sites dont certains valorisent le biogaz.

Même si la valorisation n’est pas optimisée sur tous ces sites, ou que certains sites ne sont pas encore équipés de système de valorisation, notamment de biogaz pour les ISDND, on considère que ce gisement est captif et déjà mobilisé, et qu’il n’est donc pas disponible pour d’autres formes de valorisation.

Par contre, environ 95 000 tonnes d’OMR sont traités actuellement dans des UIOM sans valorisation énergétique. Ce gisement devra à l’avenir permettre une valorisation supplémentaire, estimée à environ 13 000 tep.

Déchets végétaux

Les déchets végétaux collectés sur les sites de déchèteries des collectivités représentent un gisement annuel de l’ordre de 140 000 tonnes, fluctuant de plus ou moins 15% en fonction de la météorologie.

A l’heure actuelle, ces déchets sont traités sur des plates-formes de compostage, le compost étant ensuite restitué au sol par les différents acteurs l’utilisant.

Le traitement des déchets végétaux est un poste de dépenses important pour les collectivités locales qui sont prêtes à étudier d’autres formes de valorisation pour faire baisser les dépenses publiques. Ce gisement pourrait donc être disponible pour d’autres formes de valorisation, notamment comme co-substrat pour la méthanisation. Dans ce cas, le retour au sol de la matière organique est maintenu à travers l’épandage du digestat.

On considère donc que les 140 000 tonnes de déchets végétaux collectés sur les déchèteries régionales sont mobilisables pour une valorisation énergétique. Le contenu énergétique de ce gisement s’élève à 6 000 tep.

Boues de stations d’épuration

La production annuelle régionale de boues de stations d’épuration est de l’ordre de 25 000 tonnes de MS (matière sèche). Dans la plupart des cas, ces boues sont épandues sur des terrains agricoles, conformément à un plan d’épandage préalablement établi. Cependant, environ 9 000 tonnes n’ont pas de débouché pérenne.

Les boues de stations d’épuration peuvent constituées une bonne base à un procédé de méthanisation en infiniment mélangé, d’autant que leur production est relativement stable. La méthanisation permettrait également de mieux hygiéniser ces boues, ce qui pourrait favoriser les possibilités de valorisation du digestat pour celles dont le débouché n’est pas pérennisé.

Ces 25 000 tonnes (en MS) de boues pourraient fournir environ 11 800 tep d’énergie primaire.


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